Des sections sans fin nous attendent… Ça donne envie n’est-ce pas?
Du haut du classement jusqu’au bout de la terre, Gabby et Wilko ont attrapé Garut sur le chemin pour partager ce trip avec lui.
Gabby s’empreigne de l’ambiance de la jungle avant de partir à l’assaut des vagues.
Le numéro 1 mondial est un éternel enfant…
Il n’y a rien de mieux que de partager des vagues avec quelques cerfs. La vue depuis le chemin menant au spot.
Tubulaire et retentissante. C’est l’une des meilleures cinq vagues de la planète, qui t’offrira un des meilleures rides de ta vie.
Gabby grâce à sa force de rame a réussi à pouvrer au reste du groupe qu’il pouvait rattraper la section.
Gabby donne à l’assemblée une leçon sur l’art de freiner dans un tube avec les mains.
Que ce soit dans l’air ou sur la vague, le surf de Gabriel Medina peut être décrit comme fort.
Le vent a tourné onshore plusieurs fois, ce qui signifie une seule chose: Air show. Medina a lancé des airs monstrueux Vous pouvez voir un de ses meilleurs airs à 3:45.
Medina est le roi de ping-pong
Medina est une des personnes les plus sympas que l’on puisse rencontrer, il est apprécié partout dans le monde.
Mais pas si sympa que ça lorsqu’il s’agit de compétition. Le titre de 2016 est toujours en jeu, et le numéro 1 et 3 respectivement ne prennent pas les choses à la légère.
Garut, champion de la Rip Curl Cup 2014, a sauté au plafond en apprenant qu’il faisait partie du trip et n’a pas hésité une seconde entre la compétition et ce voyage. Sa silhouette menue lui permet une agilité exceptionnelle dans les vagues indonésiennes.
Lorsqu'il ne s’exile pas sur la péninsule de Bukit dominant Padang-Padang, aux côtés de ses cousins Made "Bol" Adi Putra et Raditya Rondi, le trio survole tous les podiums indonésiens. En portant fièrement sur leurs épaules l'héritage du la légende du surf balinais: Wayan Ganti Yasa.
A l’appel de Rip Curl, Garut est plus que content de participer au Search programme et d'explorer ses archipels bien-aimé avec deux légendes du surf mondial. L'an dernier, ce fut un voyage en bateau avec Mick Fanning vers une vague peu connue mais très recherchée, cette année Wilko, Gabby et Garut se retrouveront sur une gauche mystérieuse.
Au premier coup d’œil c’est juste un autre shot. Mais en regardant de plus près tu verras à quelle hauteur il est au-dessus de la vague et l’épaisseur de cette dernière.
Garut Widiarta nous fait une démonstration de son claim, après avoir surfé une vague sur une centaine de mètres.
Si les échecs sont une métaphore de la vie, Matt Wilkinson jouera le rôle du roi en 2016. Pas de doute qu’il pense déjà à sa prochaine manœuvre sur la WSL…
Wilko passe sa vie sur le rail, de la lèvre au bottom turn avec vitesse, puissance et flow.
Se préparant pour Chopes, Wilko alterne des courbes profondes avec des tubes profonds, où les sections permettent de trouver un bowl où personne d’autre ne pourrait. Le surf de Wilko est autant question de position et de timing que de vitesse et puissance.
Prêt à tuer un photographe.
Profond et chargeant sur la prochaine section. Willy Dawg peut-il garder sa position de leader et confirmer son titre ? Il n’y a personne sur la planète qui ne célèbrerait pas sa victoire. La régularité sera la clé pour gagner jusqu’à Pipe.
Compagnons de chambre depuis des années, toujours enfants dans leurs cœurs, c’est l’un d’eux qui stoppera JJF cette année.
Qui portera le lycra jaune de leader de la WSL fin août ?

En 1972, un groupe hardcore d’aventuriers américains organisait des expéditions de surf sur des récifs perdus aux abords de jungles denses et hostiles, au milieu de nulle-part.

Le premier groupe de trois surfeurs entassa tout son équipement et ses planches sur un vieux bateau branlant et mettait le cap vers l’horizon.
Un autre groupe de cinq surfeurs choisit un transport plus local et terrestre. Ils décidèrent de faire halte à un village de pêcheurs pour la nuit, avant de reprendre la route au petit matin et les 20km de plage qui les séparèrent du spot.

Les surfeurs qui choisirent d’emprunter la voie maritime amarrèrent leur bateau dans une baie et établirent leur camp de base pour les 10 prochains jours. La traversée a été longue et l’eau fraîche commençait à manquer. Il faudra en récupérer lorsqu’il se mettra à pleuvoir et heureusement pour eux la pluie était annoncée cet après-midi-là. Ils étaient désespérés mais en avance par rapport aux surfeurs qui avaient choisi les voies terrestres.

Le swell ne tarda pas à arriver cette nuit-là, le grondement des vagues sur le récif couvrit les rugissements des tigres : ils savaient alors qu’il y aurait des vagues incroyables à la première lumière du jour. Ils ne s’étaient pas trompés et les ont surfé…

Ceux qui avaient empruntés la route arrivèrent le lendemain, impressionnés de découvrir des vagues pareilles. Mais ils ne purent jamais se vanter d’avoir été les premiers à les surfer. Ils furent devancés.

Photos: Nate Lawrence, Corey Wilson
Texte: Chris Binns
Vidéo: Nick Pollet and Bali Strickland
Prévisionniste: SwellNet

Une histoire intéressante, vraie ou non, cela n’a pas réellement d’importance. Elle pose la question suivante : Est-ce vraiment primordial d’être le premier à l’eau ?
C’est ce qui est arrivé à Matt Wilkinson et Gabriel Medina lors de leur bref mais plaisant moment entre J-Bay et Teahupo’o. Le numéro un mondial et le numéro trois mondial ont décidé de partir découvrir et surfer de nouvelles vagues grâce à cette fameuse houle qui est partie de l’Equateur et a rejoint l’Asie cette année.

Sur la route ils ont rencontré Garut Widiarta « un goofy enchainant les manœuvres tel un ninja ». Le trio a alors décidé de suivre l’esprit du Search et est parti à bord d’un bateau, comme l’ont fait les pionniers surfeurs de 1972. Ils n’avaient pas d’endroit précis ou aller, mais le voyage se passait dans la joie et les rires.

« J’adorais regarder les vidéos de The Search » dit Wilko, à personne en particulier peu de temps après son arrivée. « Moi aussi ! » S’exclame Gabriel, avec une vigueur inattendue. « Je regardais tous les DVD. Je me souviens que lorsque Rip Curl m’a fait rentrer dans le team, je pensais que j’allais partir faire tous ces voyages au milieu de nulle part, pour trouver des vagues parfaites avec mes amis, et maintenant nous sommes ici, c’est complètement dingue! »

Le premier jour s’est montré engagé avec des mouvements d’eau impressionnants.

La houle est solide, selon le local à bord Nick Chong et il y a un risque de secousses pendant le déjeuner. Cela ne dérange pas un seul instant notre équipage.

Passez du temps avec Gabriel et vous vous rendrez vite compte qu’il n’y a personne sur cette planète avec un plus grand appétit de vagues que lui. Et il fallait combattre cette faim toute la journée. Avant même que notre bateau n’atteigne le lineup, Gab était déjà parti, à un million de kilomètres du pic et hors de la vue, pour réapparaître quelques instants plus tard, ridant la vague comme personne. C’est un spectacle qui se répète encore et encore lorsque vous avez la chance de voir surfer la super star de São Paulo de 22 ans.

Mon oncle était très bon, il a eu le troisième temps le plus rapide en Amérique du Sud. J’ai de longs bras et c’est quelque chose que j’aime vraiment faire. Mon père disait que j’étais plutôt bon. J’aimais l’entrainement quand j’étais jeune et je pense que c’est pour ça que j’ai une aisance à la rame aujourd’hui.

Gabriel a le physique parfait du surfeur moderne : 1m82 pour 80 kilos, super fit avec de larges épaules qui lui permettent une rame redoutable comme un terminator du surf. A-t-il côtoyé les bassins de natation ? « Ouais, j’avais l’habitude de nager un peu» Gab sourit. «Mon oncle était très bon, il a eu le troisième temps le plus rapide en Amérique du Sud. J’ai de longs bras et c’est quelque chose que j’aime vraiment faire. Mon père disait que j’étais plutôt bon. J’aimais l’entrainement quand j’étais jeune et je pense que c’est pour ça que j’ai une aisance à la rame aujourd’hui.

C’est le genre de conversation que vous vous attendez à avoir avec Gabriel, mais il n’est pas le seul à penser conditions physiques. Un matin, alors que nous attendons un bateau, Gabriel et Wilko font de la musculation sur le sable. Les deux sont en train de faire des pompes et des abdos, avant de quitter la jungle et de monter sur le bateau pour checker le spot. Le caméraman Bali Strickland s’étonne de la souplesse de Gabriel. C’est avec tout ce travail et cette envie, que cet enfant de Copacabana est aujourd’hui au top du surf mondial.

Garut, vainqueur de la Rip Curl Padang Cup 2014, a sauté au plafond en apprenant qu’il faisait partie du trip et n’a pas hésité une seconde entre la compétition et ce voyage. Sa silhouette menue lui permet une agilité exceptionnelle dans les vagues indonésienne Garut vit la « cool life » au cœur de Kuta. Lorsqu’il ne s’exile pas sur la péninsule de Bukit dominant Padang-Padang, aux côtés de ses cousins Made « Bol » Adi Putra et Raditya Rondi, le trio survole tous les podiums indonésiens. En portant fièrement sur leurs épaules l’héritage du la légende du surf balinais: Wayan Ganti Yasa. A l’appel de Rip Curl, Garut est plus que content de participer au Search programme et d’explorer ses archipels bien-aimé avec deux légendes du surf mondial. L’an dernier, ce fut un voyage en bateau avec Mick Fanning vers une vague peu connue mais très recherchée, cette année Wilko, Gabby et Garut se retrouveront sur une gauche mystérieuse.

Wilko et Gabriel ont une approche différente du lineup. Gabriel est à l’affut de la moindre vague et ne s’assoit jamais sur sa planche. Sa motivation est impressionnante. La moindre vague exploitable est pour lui. A un moment donné, il disparaît à l’horizon, pour réapparaitre quelques minutes plus tard sur une vague du second reef, escorté par un escadron de poissons sautant autour de lui. C’est un spectacle surréaliste, mais après une centaine de mètres à pomper, Gabby est trop à l’intérieur et ne rattrape pas la section. Il est peut-être humain après tout.

Quand Gabriel se lève sur sa planche, il acquière une vitesse hallucinante dès son premier virage. Ses vagues se terminent généralement par un immense tricks exécuté à la vitesse de l’éclair. Avec cet engagement et sa maîtrise il ne peut pas tomber.

Après avoir surfé ses vagues, Wilko, comme à son habitude, parle aux gens en remontant au lineup. Ils rigolent ensemble et hurle à la vue d’un wipe out. Il adore faire des laybacks plus que quiconque et quand une section ne tube pas, vous pouvez parier qu’il la contournera pour faire un layback. Son humeur dépend de son surf et de ses planches.
Il a laissé sa magique planche rouge Darren Handley, qui l’a conduit à la gloire en Australie, à la maison.

« Parfois je ne veux même plus l’amener sur les CTs », dit Wilko de son bien le plus cher. Il est cependant particulièrement emballé de surfer sa 6 pieds, pour laquelle on le charrie toute l’année. Il l’emmène partout : de Bells, à Margaret River, à Fidji, mais ce n’est qu’en Indonésie qu’il s’apprête de nouveau à la surfer après son titre.
Deux vagues et deux tubes plus tard, sa planche se brise tout comme le cœur de Matt. «Je me sentais vraiment trop bien», murmure-t-il, inspectant les dégâts avant de la ranger dans son boardbag.

Les moments de complicité entre Gab et Wilko sont nombreux. Ils sont compagnons de voyage depuis des années déjà, vous n’avez pas vraiment de choix lorsque vous partagez les mêmes sponsors, mais ils prennent du bon temps ensemble également en dehors du circuit. « Gabriel est descendu chez moi à Byron pendant Snapper cette année», dit Wilko,  » et moi je suis allée chez lui au Brésil.  » De toutes les amitiés de trip, on peut dire que celle de Gabriel et Wilko, est la plus forte entre brésiliens et australiens, mais Wilko n’y voit rien de particulier. « Il est une légende, nous sommes fous tous les deux, et nous sommes de bons amis,  » dit-il simplement, car c’est une raison suffisante selon lui.

 

Après une semaine passée dans la jungle et avec la mission bien accomplie, nous nous retrouvons dans les lumières et l’agitation de Bali. Après avoir très peu mangé de nourriture indonésienne, nous pensons que nous avons mérité un festin de viande, et faisons route vers un restaurant, fortement recommandé. Gabriel est aux anges et commande 450g de viande, tandis que Wilko attaque une escalope. Le personnel du restaurant demande à Gab et Wilko de poser pour une photo avec un porcelet cuit, façon asado sur des charbons ardents. Ils postent ensuite la photo sur Instagram, avec comme sous-titres suivants : Wilko premier, Gabriel troisième et le cochon au milieu symbolise John John Florence, deuxième au classement mondial. Il semble que c’est le moment idéal pour poser des questions à propos du titre à venir, que nous n’osions pas demander avant.

« Est-ce que l’un d’entre vous va gagner cette année? » je demande.
« Oui » répond Gabriel catégoriquement.
« J’espère bien, » dit Wilko.
« Oui un de nous deux », rigole Gab.
« Vous pouvez peut-être travailler en équipe ? » Le duo me regarde comme si j’étais stupide.

Un silence gênant plus tard, nous voilà à table, face à nos assiettes remplies de côtelettes de porcs et d’agneau, à ne plus savoir que dire. Alors que le duo attaque les ailes de poulet, ne laissant pas un morceau de chair derrière eux, il me parait évident que je suis entouré des deux rois de la jungle du World Tour.

Chaque série du reste de la course au titre va être captivante. Est-ce que c’est l’enfant prodige brésilien qui ramènera le titre à la maison, ou bien est-ce que le bouillant australien continuera à nous surprendre? Ces deux compagnons, de côtés opposés de la planète, se pousseront les uns les autres sur chaque dernier centimètre du chemin qui les sépare vers le podium de Pipeline et comme les surfeurs « venus de mer » qui sont arrivés les premiers en 1972 dans la course pour le récif, par rapport aux surfeurs « venus de terre » : il semble alors que cela importe vraiment d’arriver le premier.