Pour vous mettre dans le bain, voici comment le journaliste et photographe Dave Sparkes résume la sensation que l’on a dans ce desert : “On est submergés chaque jour d’avantage par la beauté subtile de ce paysage poussiéreux. On se sépare du superflu avec joie et on sort de sa zone de confort avec excitation.” Il y a toujours quelque chose au bout du chemin, non ?
Aussi parfait que cela paraisse, c’était un de ces Search ou on se dit souvent “si ça faisait 1m de plus... Mais ça reste des conditions sympas qu’on partage avec ses potes pendant des heures...
On vous présente Noah Wegrich, un goofy foot de Santa Cruz qui aime le bacon et les filles. Un goofy plein de talents qui s’inspire de Matt Wilko et son attitude en général. En visionnant le clip, vous verrez que Noah peut surfer et raconter une bonne histoire autour du feu. Vous en entendrez parler encore dans le futur !
Noah aime bien mixer des "toes on the nose" sur sa 5’5” avec d’autres manoeuvres inattendues... Cool...
“ Chaque jour nous changions de vagues et déplacions le campement ailleurs. Mais c’était bien, car on a pu changer de vagues et voir des paysages complètement differents"
Très diversifié, le quiver de Noah est passé entre toutes les mains. Il aborde chaque section de manière inattendue, mixant le fun et optimisant chaque section.
Le paradis du hot dog !
Les histoires au coin du feu n’étaient pas sans intérêt mais malheureusement doivent rester anonymes...
Dillon Perillo, si souvent la star de Search passés, semble trouver du plaisir là où les autres voient leur malheur. Par exemple, il affectionnait le “kit du caca” que nous devions utiliser pour nos petits et gros besoins.
Surfeur de Malibu, originaire de Pacific Palisades, Perillo n’est jamais souvent chez lui. Il a un super bottom turn qui le place sur de bonnes trajectoires, à suivre sur les prochaines images...
Ne pas piquer du nez...
Un bon carve...
“Je me faire cette camera!”
Durant ce trip, on a trouvé un peu de surf mais surtout nous avons appris beaucoup sur nous-même. Nous réalisions que dans un environnement aussi extrême, seuls les hommes aux grosses facultés d’adaptation survivent. Nous n’étions là que quelques jours et heureusement, car trop maladroits et inexpérimentés pour durer dans ce genre de conditions.
On commençait par appliquer les trucs classiques, du genre dégonfler les pneus, pousser et creuser. Les roues glissaient dans cette mare de boue et tous nos efforts inutiles. Le lourd véhicule semblait cloué sur place et les vagues commençaient à lécher les portieres. Trouver de l’aide semblait utopique dans ce coin paumé.
Le centre ville...
Un après-midi, on a débarqué sur cette jolie petite droite qui déroulait le long d’une jolie côte caillouteuse, du genre de "Streaky Bay" dans le sud de l’Australie. Je me demandais ce qui nage sous l’eau ici, des requins ? On ne sentait pas ce genre de vibe mais qui sait...
Comme une analogie pour nos vies, notre court passage dans le désert était approprié. Comme dans la vie, nous constations la beauté sauvage de ce lieu surréaliste, avant de déguerpir comme les locataires temporaires que nous étions.
Les séries se sont succédées et ça aurait pu être la session du siècle avec une houle un peu plus grosse. C’était une de ces journée “si seulement…”
“Certain line up semblaient super de loin et décevants de près. C’était un peu une partie d’échecs dans le desert...”
Pour quelqu’un qui fait peu de compétitions (même si il a souvent de très bons resultats), Luke Hynd connait parfaitement les critères de la WSL, à savoir la vitesse, la glisse et l’attaque de la partie la plus critique de la vague.
"En tout cas, c’était invitant, et finalement on pouvait voir les dérives de Louie Hynd survoler le line-up toute la journée jusqu’au dernières lueurs violettes du soleil."
Les seules lignes dont tu as besoin... The Search...

Bien qu’ostensiblement vide, le desert n’est jamais dénué de vie. Robustes et resistant à toute sécheresse, les cactus dominent la scène ; des cactus de toutes formes et de tailles aléatoires

Des plaines ondulant sous la poussière, des plateaux dominés par de simples espèces d’algaves, des pentes montagneuses ponctuées d’arbres atypiques, tout ça forme un univers vraiment étrange…

On trouve aussi des zones rocailleuses parsemés de blocs imposants, installés majestueusement entre les familles de cactus divers, faisant penser à des géants protégeant le jardin d’Eden.

Après 24h de conduite à travers le désert, Vicente, le guide local, nous déposait devant une longue droite et sous les premiers rayons du soleil des vagues d’1 mètre déroulaient paresseusement le long de la péninsule. Ça avait l’air petit et fun mais je savais que les autres ne seraient pas très impressionnés…. Cependant, après avoir avalé des kilomètres de poussière, cette session fit parfaitement l’affaire.

Notre premier campement ressemblait plutôt à un bidonville. Avec une tente centrale en guise de hall de réception, entourée de plusieurs autres plus petites et mal ajustées. Malgré ses efforts, celle de Dillon Perillo était de loin la plus lamentable. Ça nous pris aussi un certain temps d’organiser le coin cuisine. Faire des repas pour huit demande un minimum d’organisation et de discipline, ce dont nous manquions considérablement. Assez rapidement les repas laissaient la place à des snacks de toutes sortes, quelques fruits ou autres mets faciles et rapide d’accès…

 

 

Le deuxième après-midi, nous sommes tombés sur une petite falaise déserte qui surplombait une jolie droite , s’échouant sur une côte rocheuse aux tons terre et ocre sous les rayons chaud du soleil.

C’était assez sauvage, “il y a t’il des requins dans ce coin?” Qui sait… Vicente ne pouvait dire si cette vague avait déjà été surfée. c’était en tout cas invitant, et finalement on pouvait voir les dérives de Louie Hynd survoler le line-up toute la journée jusqu’au dernières lueurs violettes du soleil.

La température de l’eau très fraiche exigeait de porter des steamers. Le changement radical de température nous obligeait à enfiler les blousons, bonnets et écharpes le soir par dessus les boardshorts et tongs de la journée.

Durant l’un de nos repérage, on remarquait une petite droite absolument parfaite à la sortie d’un village de pêcheur. La main de l’homme avait creusé le port et déversé le sable à l’extérieur, d’après Vicente à plusieurs reprises. Il en résultait un banc de sable absolument parfait. Le surf était trop petit ce jour là mais le potential était evident….

Jour après jour, la beauté de l’endroit semble émerger de sa froideur initiale. On ressent une certain magie nous envahir graduellement dans le désert et on apprécie de plus en plus les changement de couleurs, les ombres qui se dessinent sur le paysage et les collines rocheuses.
On est aussi fascinés par le nombre incalculable de races de cactus, qui se rassemblent comme dans une forêt tropicale. On en voit des grands, des plats, des gros, des maigres… Ils sont ponctués de grosses fleurs colorées et forment un ensemble digne d’une création de grand artiste ou designer.
Au milieu de ces jardins inaccessibles vivent de tous petits oiseaux qui butinent activement le Coeur des fleurs écloses. Une belle preuve d’adaptation d’un éco système bien rodé.

 

 

Autrefois, le feu de camp était l’animation du soir attendue par toute la famille.

Pas de radio, télevision ou autres inventions électroniques prêtes à nous lobotomiser. Le feu était au centre de toutes les discussions, encourageant les échanges et hypnotisant l’assemblée.
Autant vous dire que huit mecs seuls au milieu de nul part autour d’un feu est propice à révéler un certain nombre de confidences dont certaines ne quitteront jamais les limites du desert. Avec de bonnes crises de fou rires au moment précis ou on voit la fin de la bière méxicaine arriver avec un petit ténia à la clé…

Un matin, nous options pour retourner voir la vague du Port. Le vent soufflait fort et cette vague protégée par la jetée pouvait avoir grossit. Bien sûr nous n’avions aucune connection internet ou télephone et aucun “swell guru” à contacter, un vrai Search trip en fait.

Et la jetée s’est avérée… Top ! Rory, le photographe, a disparu et s’est téléporté en quatre secondes en haut de la colline, prêt à shooter un clip de plus.
Les séries se sont succédées et ça aurait pu être la session du siècle avec une houle un peu plus grosse. C’était une de ces journée “si seulement…”

Un peu plus tard, l’un de nous eu la brillante idée d’aller checker une droite que nous avions repérée parfaite mais trop petite quelques jours avant. C’était à une bonne heure de conduite mais le long d’une belle anse caillouteuse parsemée de grands agaves verts.

A notre arrivée, peu avant la nuit, la houle était trop grosse et une barre fermait sur toute la largeur. On décidait de rejoindre notre campement en traversant la plage, quand l’énorme 4X4 heurta violemment une masse d’argile ce qui fit tomber le chassis instantanément.

« Ho ben ça fera toujours une bonne histoire », disais-je défaitiste, « et ce n’est qu’une voiture de location après tout ». Je prenais quelques photos alors que Dillon se souvint avoir repéré un autre 4×4 et une caravane à quelques centaines de mètres de là. Il partit à leur recherche et revint quelques minutes plus tard avec un dénommé Tony. Pauvre Tony…

S’embourber arrive souvent ici. Les gens restent bloqués, ils finissent par manquer d’essence, de café ou de bières… Et quoi d’autres ? Ha oui, ils crèvent parfois – Dillon Perillo

Originaire de Colombie britannique, Tony, 70 ans, était tranquille dans sa vie jusqu’à ce qu’on l’invite à rejoindre notre cauchemar. Il offrit de remorquer notre voiture pour au final se retrouver lui aussi coincé. Un gros malaise planait dans le groupe qui prenait soudain conscience du drame pour Tony et sa voiture à 50 000 dollars. Malgré tous nos efforts on sentait que nous ne pouvions pas faire grand chose pour l’aider.

Ce que nous avions pris pour du sable fin était en fait une énorme masse de boue gluante dans laquelle nous étions enlisés. Avec la nuit tombante et la marée montante, tout ça ne se présentait pas très bien.
On commençait par essayer les trucs classiques du genre dégonfler les pneus, pousser et creuser. Les roues glissaient dans cette mare de boue et tous nos efforts s’avéraient inutiles. Le lourd véhicule semblait cloué sur place et les vagues commençaient à lécher les portieres. Trouver de l’aide semblait utopique dans ce coin paumé.

« S’embourber arrive souvent ici. Les gens restent bloqués, ils finissent par manquer d’essence, de café ou de bières… Et quoi d’autres ? Ha oui, ils crèvent parfois”. Pour moi, je n’avais pas trop de mal à laisser cette voiture de location aux mains de l’océan et se faire démembrer par quelques locaux. Mais comme dit Dillon: “Le pauvre homme, on est allé le chercher et voilà ce qui lui arrive…”

Que pouvions-nous faire? Chimpsy et Vicente partirent chercher de l’aide mais c’était sans espoir… Pourtant deux heures plus tard, ils revenaient accompagnés d’une bande de gars costauds et super dégourdis, qui campaient à quelques kilomètres. Outillés et avec la “positive attitude” ils semblaient sortir tout droit d’un film de Mc Gyver. Ils avaient des torches, des pelles et un plan et se sont mis à nous crier dessus. On a fait exactement ce qu’ils voulaient. On s’est battu contre la marée, creusant un tunnel dans la boue sous la voiture, et sous les encouragement de Tony, avons travaillé comme des maniaques.

Ca nous a pris jusqu’à 1 heure du matin mais finalement nous avons pu libérer les deux voitures ! Le sourire de Tony rentrant en voiture vers son mobile-home nous a mis du baume au coeur. Il était temps de rentrer au campement.

 

 

Durant ce trip, on a trouvé quelques vagues mais surtout nous avons appris beaucoup sur nous-même.

Nous réalisions que dans un environnement aussi extrême, seuls les hommes aux grosses facultés d’adaptation survivent. Nous n’étions là que quelques jours et heureusement, car trop maladroits et inexpérimentés pour durer et survivre longtemps dans ce genre de conditions.
Comme une analogie de nos vies, notre court passage dans le désert était approprié. Comme dans la vie, nous constations la beauté sauvage de ce lieu surréaliste, avant de déguerpir comme les locataires temporaires que nous étions.